COUTURE - LA SLOW FASHION DE JANTAMINIAU
July 21st, 2008Le 3 juillet dernier j’ai eu l’honneur d’être invitée par le bureau de presse Station Service - qui s’occupe entre autres d’Andrea Crews et de Baptiste Viry - à la présentation de la collection haute couture automne/hiver 2008 JANTAMINIAU, alias Jan Taminiau, créateur néerlandais que je ne connaissais absolument pas. Car Jan Taminiau est plutôt ce qu’on appelle un créateur confidentiel, ce qui n’est pas forcément synonyme de talent, je vous le concède, mais bon là OUI.

En plus d’être confidentiel, Jan Taminiau est un créateur conceptuel. À tel point que je n’ai pas tout saisi du parti pris de sa collection, “Passe-partout”, mais comme je ne suis pas non plus tout à fait bête, j’ai quand même des choses à vous en dire.
Ce qui m’a frappée tout de suite, ce sont les étoffes et les matériaux. Car plus que tout le reste, c’est bien le travail des matières, riches, lourdes et opulentes, ou au contraire diaphanes et aériennes, et la façon de les assembler en jouant sur le contraste tissus bruts / tissus nobles, qui structurent toutes les silhouettes de Jantaminiau. Le créateur, ça se voit, est fasciné par les matériaux chargés d’histoire. Je fus très surprise quand on m’a dit que les tapisseries présentes sur certains vêtements étaient d’époque. En fait, Jan Taminiau chine : il chine des étoffes précieuses, des toiles d’anciens sac postaux, des robes de bure, des perles de collection en argent, etc., et il assemble tout cela avec des matières plus actuelles.









Voilà, j’aime cette façon de concevoir le vêtement ; à l’antipode des enseignes high street et de leur fast fashion, et de tout ce qui est consommation éphémère - vêtements et sacs à louer, pop-up stores, etc. -, c’est le retour de la slow fashion, d’une mode qui ignore les modes pour mieux se concentrer sur l’essentiel, le savoir-faire, le patrimoine culturel et humain, l’histoire, la matière… une mode qui refuse l’interchangeabilité, qui est vouée à durer et perdurer et non disparaître. Dans le même registre, il y a Ma Ke, cette créatrice chinoise qui a commencé à faire parler d’elle en enterrant ses vêtements et en les déterrant quelques mois plus tard… Sa marque, Wuyong, signifie Useless. Pourquoi ? “Que puis-je faire pour ce qui a disparu ou qui est en voie de disparition ? Je veux rechercher l’essentiel de l’esprit humain au travers de ma création inutile. Ce qui demeure immuable dans le cœur des gens, en dépit des changements économiques et techniques…”, explique-t-elle. Si vous voulez en savoir plus, je vous conseille de lire son interview sur le blog fa-fa-fa-fa Fashion.
Et si vous voulez jeter un œil aux autres collections Jantaminiau, c’est par ici.
© Julie Perello







































































